La rentrée est souvent une période de renouvellement des adhésions et d’arrivée de nouveaux membres dans les associations. Ces démarches soulèvent régulièrement des questions juridiques : une association peut-elle refuser une adhésion ? Peut-elle exclure un membre ? Comment sécuriser une procédure disciplinaire ?
Si les associations disposent d’une liberté importante dans leur fonctionnement, cette liberté doit s’exercer dans le respect des statuts, du règlement intérieur et des principes fondamentaux du droit.
Oui.
Le principe de liberté associative permet à une association de définir dans ses statuts les conditions d’admission de ses membres.
Le conseil d’administration ou le bureau peut ainsi refuser une adhésion, sans nécessairement avoir à justifier sa décision, dès lors que les règles fixées par les statuts sont respectées.
Les statuts peuvent prévoir différents critères d’adhésion :
Cependant, lorsqu’une association poursuit un objectif d’intérêt général, les critères d’admission ne doivent pas être excessivement restrictifs au risque de remettre en cause ce caractère d’intérêt général.
Le refus de renouvellement d’une adhésion ne s’analyse pas comme une simple demande d’entrée dans l’association.
Le membre fait déjà partie de la structure. Refuser le renouvellement revient donc, dans les faits, à l’en exclure.
Cette décision nécessite alors un motif légitime et relève généralement de la procédure disciplinaire prévue par les textes internes de l’association.

La procédure disciplinaire est un outil de sécurisation juridique.
Elle permet :
Cette procédure doit être détaillée dans les statuts ou, à défaut, dans le règlement intérieur auquel les statuts renvoient explicitement.
Lorsqu’une association envisage une exclusion ou une radiation, plusieurs étapes doivent être respectées.
L’association doit notifier au membre les griefs qui lui sont reprochés ainsi que les motifs susceptibles de conduire à une sanction.
Le membre doit pouvoir faire connaître ses observations et présenter sa défense avant toute décision.
Un temps raisonnable doit être accordé afin que la personne puisse préparer sa réponse.
La décision doit être prise par l’instance prévue dans les statuts ou le règlement intérieur.
Le règlement intérieur peut définir une échelle de sanctions adaptée à la gravité des faits reprochés.
Par exemple :
Une gradation des sanctions permet souvent de mieux sécuriser les décisions prises.

Certaines associations mettent en place une commission de discipline.
Lorsque celle-ci existe, il est indispensable de :
L’objectif est de renforcer la crédibilité de la procédure et de limiter les risques de contestation.
Les statuts prévoient souvent une exclusion automatique en cas de non-paiement de la cotisation.
Pour autant, cette automaticité ne dispense pas l’association de respecter un minimum de procédure. Le membre doit être informé, relancé et mis en mesure de régulariser sa situation avant toute radiation.
Avant toute radiation pour défaut de paiement :
✓ envoyer un rappel
✓ adresser une relance
✓ informer le membre des conséquences d’un non-paiement
✓ formaliser la décision selon les règles internes
La gestion des adhésions et des exclusions constitue un sujet sensible pour les associations.
Pour sécuriser leurs décisions, les dirigeants doivent :
Une procédure bien construite protège à la fois l’association et ses membres, tout en réduisant les risques de litiges.

Loïc Paul
Expert-Comptable, associé, responsable régional ESS Centre-Ouest