Gestion sociale et paie
Date de publication : 30/03/2026

Laurent Simo
Les arrêts de travail des salariés sont monnaie courante pour les employeurs et il est important d’en connaître les règles. Quelles sont les obligations en termes de formalités et de rémunération ? Peut-on rompre le contrat de travail d’un salarié en arrêt de travail ? Que se passe t’il lors de son retour ? Voici un tour d’horizon des dispositions applicables.
Le salarié qui se voit prescrire un arrêt de travail doit vous prévenir le plus tôt possible (appel téléphonique, mail, SMS…) pour vous permettre de vous organiser, puis justifier son absence en vous transmettant, en principe, dans les 48 heures qui suivent le début de l’arrêt, le volet 3 de l’avis d’arrêt de travail qui lui a été délivré par son médecin.
De votre côté, vous devez via la déclaration sociale nominative (DSN) :
Le salarié en arrêt de travail reçoit des indemnités journalières de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) ou, si votre association a une activité agricole, de la Mutualité sociale agricole (MSA) :
Si votre salarié a au moins un an d’ancienneté dans votre association, vous devez, selon le Code du travail, maintenir partiellement sa rémunération :
Le montant et la durée de ce maintien légal de salaire varient en fonction de l’ancienneté de votre salarié. Par exemple, pour un salarié qui cumule 8 ans d’ancienneté dans votre association, vous devez maintenir (en tenant compte des indemnités journalières payées par la CPAM ou la MSA) :
Votre convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables que celles du Code du travail. Ainsi en est-il, par exemple, de la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile qui prévoit un maintien de salaire par l’employeur après un délai de carence de seulement 3 jours en cas d’accident ou de maladie d’origine personnelle. Dans le détail, pour les salariés ayant au moins 6 mois d’ancienneté, l’employeur doit maintenir, en tenant compte des indemnités journalières payées par la CPAM :

Le contrat de travail du salarié est suspendu lors d’un arrêt de travail. En conséquence, ce dernier ne doit ni travailler en présentiel ni télétravailler, y compris pour une tâche ponctuelle sur une durée limitée. Et attention car, selon les tribunaux, le salarié qui travaille pendant un arrêt de travail peut obtenir de son employeur des dommages-intérêts en justice même si cette situation ne lui a causé aucun préjudice.

Cependant, vous pouvez demander à un salarié en arrêt de travail de restituer les éléments matériels ou les informations en sa possession et nécessaires à l’activité de votre association, à condition que ceci n’implique pas l’accomplissement d’une prestation de travail. Ainsi, en est-il pour les juges, d’un mot de passe informatique, de fichiers clients…
Pour assurer le bon fonctionnement de votre association, vous pouvez remplacer votre salarié absent par un salarié recruté en contrat à durée déterminée ou en intérim. Ce contrat doit préciser notamment :

Tout d’abord, sachez qu’il est interdit de licencier un salarié en arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle, sauf faute grave du salarié ou impossibilité de maintenir son contrat de travail pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie (dissolution de l’association, par exemple).
Si votre salarié est en arrêt de travail pour maladie ou accident d’origine personnelle, vous pouvez, sauf garantie d’emploi prévue par votre convention collective ou par un accord conclu au sein de votre association, le licencier mais seulement si son absence prolongée ou ses absences répétées :

Enfin, si votre salarié est reconnu inapte à occuper son poste par le médecin du travail, vous pouvez le licencier pour inaptitude mais seulement, en principe, après avoir tenté de le reclasser dans un emploi correspondant à ses capacités.

Le salarié de retour dans votre association après un arrêt de travail doit retrouver son emploi précédent ou, s’il n’est plus disponible ou n’existe plus, un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente et la même qualification.
Sachez, par ailleurs, que dans certains cas, vous devez organiser un examen médical de reprise avec le médecin du travail. Cet examen, qui doit se tenir dans les 8 jours qui suivent la reprise effective de travail de votre salarié, s’impose pour les arrêts de travail :
Vous l’aurez compris, votre association peut être désorganisée par les arrêts de travail des salariés, d’autant plus s’ils sont nombreux et récurrents. Afin de « limiter la casse », il peut être opportun non seulement de mettre en place des procédures adéquates de gestion des arrêts de travail mais aussi notamment de prévenir les risques professionnels dans votre structure.
Au niveau financier, le principe demeure de bien déclarer les arrêts de travail afin que vous puissiez bien recevoir, dans les cas de la subrogation, les indemnités journalières de la CPAM ou de votre prévoyance relatives à ces arrêts.

Laurent Simo
Expert-comptable, commissaire aux comptes, associé, directeur national ESS, auditeur de durabilité
Laurent est associé au sein du cabinet In Extenso. Expert-comptable et commissaire aux comptes spécialiste du secteur associatif et ESS, il est en charge du Marché Economie Sociale du groupe In Extenso.