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Date de publication : 28/10/2026

Laurent Simo
Fin mars 2025, près de 710 000 personnes occupaient un emploi intérimaire. Si le recours au travail temporaire (ou intérimaire) est une pratique largement utilisée par de nombreux employeurs, il faut garder en tête qu’il obéit à des règles strictes et que l’association est soumise à certaines obligations envers le travailleur temporaire.
Le travail temporaire permet à une association dite « utilisatrice » de disposer momentanément d’un intérimaire pour l’accomplissement d’une mission. Dans cette optique, l’association conclut, par écrit, un contrat de mise à disposition avec une entreprise de travail temporaire (ETT). Ce contrat indique notamment le motif de recours au travail temporaire, le terme de la mission, les caractéristiques du poste occupé par le salarié et sa rémunération.
L’ETT recrute le salarié et conclut avec lui, par écrit, un contrat de mission. Le travailleur temporaire et l’association utilisatrice ne sont donc pas liés par un contrat de travail.

Le travail intérimaire ne doit pas avoir pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’association utilisatrice.
En effet, il doit nécessairement concerner la réalisation de tâches précises et temporaires. Ainsi, une association peut faire appel à un intérimaire uniquement pour :

Les contrats conclus pour un accroissement temporaire d’activité ou pour remplacer un salarié en cas de départ définitif précédant la suppression de son poste de travail doivent comporter un terme précis (contrat conclu de date à date). Les contrats conclus pour un autre motif peuvent ne pas comporter de terme précis mais seulement une durée minimale. Dans ce cas, ils prennent fin avec la réalisation de leur objet, par exemple, le retour du salarié absent ou la fin de la saison.
| Terme et durée d’une mission intérimaire | ||
| Motif de recours | Terme | Durée maximale (renouvellement inclus) |
| Accroissement temporaire d’activité | Précis | Principe : 18 mois Exception : 9 mois pour la réalisation de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité |
| Remplacement d’un salarié en cas de départ définitif précédant la suppression de son poste | Précis | 24 mois |
| Contrat conclu dans l’attente de l’entrée en service effective d’un salarié recruté en CDI | Précis ou imprécis | 9 mois, que le contrat soit à terme précis ou imprécis |
| Remplacement d’un salarié absent | Précis ou imprécis | 18 mois en cas de terme précis Pas de durée maximale en cas de terme imprécis |
| Contrats saisonniers et d’usage | Précis ou imprécis | Pas de durée maximale selon la Cour de cassation (1) |
| (1) Attention, une durée trop longue pourrait être un indice que l’emploi visé par la mission intérimaire est un poste permanent dans l’association, ce qui pourrait entraîner sa requalification en CDI. | ||

Au terme d’une mission, l’association qui souhaite de nouveau faire appel à un intérimaire pour pourvoir le même poste doit respecter un délai de carence fixé à :
Toutefois, ce délai de carence ne s’applique pas notamment pour les contrats saisonniers ou d’usage, lorsque la mission vise à pallier une nouvelle absence du salarié remplacé ou en cas de rupture anticipée ou de refus du renouvellement du premier contrat par le salarié.
L’employeur du travailleur temporaire reste l’ETT : c’est donc celle-ci qui lui verse sa rémunération, sachant que l’intérimaire doit percevoir la même rémunération que les salariés travaillant au sein de l’association utilisatrice (après période d’essai, qualification professionnelle équivalente et même poste de travail).

Bien que n’étant pas son employeur, l’association utilisatrice est responsable de l’application au travailleur intérimaire des règles relatives à la durée du travail, au travail de nuit, aux jours fériés, aux repos hebdomadaires, à la santé et la sécurité au travail ainsi qu’aux conditions d’emploi des jeunes travailleurs et des femmes. Elle doit également lui fournir les équipements de protection individuelle nécessaires à la réalisation de sa mission et lui dispenser une formation pratique et appropriée en matière de sécurité.
Enfin, le travailleur intérimaire doit avoir accès aux équipements collectifs de l’association (restaurant, douches, vestiaires…) et aux autres avantages accordés aux salariés permanents comme les titres-restaurant.

Le recours au travail temporaire est fréquent dans les associations devant respecter des conditions d’astreinte, de continuité de service public ou d’encadrement (établissements médico sociaux, accueil de loisirs, établissements d’accueil des jeunes enfants). Si l’intérim offre une flexibilité indispensable pour maintenir ces engagements, il induit également des surcoûts et peut parfois altérer la perception de la qualité de la prise en charge. Ainsi, son utilisation doit en permanence être questionné et toujours faire l’objet d’une vigilance sur le respect des cadres légaux et conventionnels.

Laurent Simo
Expert-comptable, commissaire aux comptes, associé, directeur national ESS, auditeur de durabilité
Laurent est associé au sein du cabinet In Extenso. Expert-comptable et commissaire aux comptes spécialiste du secteur associatif et ESS, il est en charge du Marché Economie Sociale du groupe In Extenso.