Social
Date de publication : 21/07/2026

Laurent Simo
Les employeurs sont tenus de prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité physique et mentale de leurs salariés. À ce titre, ils doivent notamment les protéger contre le harcèlement sexuel et le harcèlement moral. Pour cela, ils doivent prendre toutes les dispositions nécessaires non seulement pour prévenir le harcèlement mais également pour le faire cesser.
Le harcèlement moral consiste en des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail du salarié susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (menaces, humiliations, agressions verbales, reproches injustifiés, sanctions disciplinaires infondées, management brutal, privation des outils de travail, exclusion de réunions…).
Le harcèlement sexuel est, quant à lui, constitué par des propos ou des comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui, soit portent atteinte à la dignité de la personne en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante (propositions sexuelles insistantes, blagues salaces, contacts physiques non désirés, envoi de photos ou de vidéos à caractère sexuel, remarques déplacées sur le physique, gestes grossiers, exhibitionnisme…).
Sont également considérés comme des actes de harcèlement sexuel ces mêmes propos ou comportements imposés à une même victime :
Enfin, sont assimilés à du harcèlement sexuel :

Prévenir les risques professionnels dans les associationsIl est d’abord conseillé aux employeurs de former tous leurs salariés pour les aider à comprendre, identifier et prévenir les situations de harcèlement. Une attention particulière doit être portée aux managers et responsales d’encadrement qui doivent notamment savoir réagir lorsque de tels faits sont portés à leur connaissance.

En outre, les employeurs sont tenus d’informer, par tout moyen (affichage, par exemple), leurs salariés, leurs stagiaires et les personnes en formation dans l’association :
Enfin, dans les associations d’au moins 50 salariés, le comité social et économique doit désigner un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Et dans celles d’au moins 250 salariés, les employeurs doivent nommer un salarié référent chargé d’orienter, informer et accompagner les salariés sur ce sujet. Leurs adresses et numéros de téléphone doivent être portés à la connaissance des salariés.

Dès lors que l’employeur est informé par un salarié, par les représentants du personnel ou encore par le médecin du travail de faits de harcèlement dans l’association, il doit, sans attendre, procéder à une enquête (interne ou externe) afin d’établir la réalité des faits.
L’enquête doit être menée de manière impartiale et collégiale (au moins deux personnes), avec discrétion et en respectant le principe du contradictoire (recueil des versions de toutes les personnes concernées et de tous les témoins). Elle doit être menée avec diligence et close dans des meilleurs délais.
Si cette enquête révèle une situation de harcèlement, l’employeur doit alors sanctionner le(s) salarié(s) qui en est(sont) à l’origine. Cette sanction doit être dissuasive, effective et proportionnée à la gravité des faits. Elle doit tenir compte des fonctions exercées par l’auteur du harcèlement (sanction qui doit être plus lourde lorsque l’auteur des faits exerce une autorité hiérarchique sur la victime).
La sanction doit intervenir dans les 2 mois suivant la date à laquelle l’employeur a eu connaissance des faits de harcèlement et peut aller jusqu’au licenciement pour faute grave.
Et, bien entendu, aucune sanction ne doit être prononcée à l’égard du salarié victime de harcèlement, des salariés qui ont refusé de subir de tels actes et des personnes qui ont dénoncé les faits.

Comme les salariés, les bénévoles peuvent être auteurs ou victimes de harcèlement moral ou sexuel. Et même si ces derniers ne sont pas soumis aux règles du Code du travail, les associations doivent prévenir ce genre de comportement et réagir lorsqu’il survient.
En effet, le bénévole victime de harcèlement dans le cadre de ses activités associatives (par un salarié, par un dirigeant de l’association…), de même que toute personne (usagers, bénéficiaires, résidents, salariés…) victime de harcèlement de la part d’un bénévole pourraient rechercher en justice la responsabilité civile (dommages-intérêts) et pénale (amende, emprisonnement…) des dirigeants associatifs et de l’association (en tant que personne morale).
Comme pour les salariés, l’association doit donc informer et sensibiliser les bénévoles sur le harcèlement moral et le harcèlement sexuel.

Ainsi, l’association doit appliquer les sanctions prévues par la loi en cas de harcèlement moral ou sexuel avéré selon un cercle élargi, incluant les bénévoles, et bien entendu effectuer une vigilance accrue auprès de ses membres lors des activités mises en place. Quoi qu’il en soit, la prévention demeure le meilleur moyen afin de sensibiliser et faire à comprendre au plus grand nombre la portée de ses actes.

Laurent Simo
Expert-comptable, commissaire aux comptes, associé, directeur national ESS, auditeur de durabilité
Laurent est associé au sein du cabinet In Extenso. Expert-comptable et commissaire aux comptes spécialiste du secteur associatif et ESS, il est en charge du Marché Economie Sociale du groupe In Extenso.